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Guérande - Le village de Queniquen

Situé au pied des marais salants, Queniquen est beaucoup moins connu que certains de ses homologues comme Clis, Saillé ou Careil, mais il n’en présente pas moins un patrimoine et une histoire particulièrement riches.
Le village de Queniquen est cité pour la première fois dans un texte de 1206 et désigne une colline blanche. Quéniquen est le centre d'une frairie importante regroupant, outre le village lui-même, les écarts de Kerignon, de Pradel et de Congor.
En 1851, le village est le troisième plus gros écart de Guérande. Il comporte alors 327 habitants répartis en 89 ménages. Les chefs de foyer sont à 64 % des paludiers (54 sur 89). On dénombre également : 4 sauniers, 9 employés des douanes, 1 aubergiste, 1 cultivateur, 2 fermiers, 1 fournier, 1 jardinier, 6 journaliers, 1 laboureur, 1 lingère, 1 mendiant, 2 propriétaires/rentiers et 3 religieuses.
Les habitations sont construites pignon contre pignon et sont le plus souvent orientées vers le sud, pour la lumière et la chaleur, elles présentent les caractéristiques architecturales des maisons du marais : maisons basses, maisons hautes, maisons jumelles, etc.
Certaines de ces maisons dites paludières ont conservé leur architecture traditionnelle. Il s'agit de petites habitations basses ne comprenant qu'un rez-de-chaussée surmonté d'un grenier. Elles ont peu d'ouvertures : une porte surmontée d'un arc en plein cintre, une fenêtre et une lucarne à fronton triangulaire. La toiture à forte pente a très tôt été couverte d'ardoises, différenciant ainsi les villages paludiers des autres villages guérandais.
Puits, abreuvoir, four étaient partagés par tous les habitants. L'impasse du Four témoigne encore de l'emplacement de l'ancien fournil ayant laissé place, en 1874, à une construction neuve, impasse du Prémarié
A savoir - Le festival Savonne-toi d’paille investit le village paludier de Queniquen avec l’association Couleurs coteau, festival qui se déroule tous les deux ans depuis 2018.

L'association Atelier d'Odile, créée en 2013, est installée à Queniquen. Ses objectifs sont : utiliser des produits bio, cuisiner sans détruire les nutriments essentiels et trouver un équilibre alimentaire en composent des menus équilibrés avec des produits locaux.

Odile Chedemois dispense ses cours aux adultes deux fois par mois et aux enfants pendant les vacances scolaires. Les thèmes sont variés : cueillette et cuisine avec une découverte des plantes sauvages des marais salants, légumes et légumineuses, plats rafraîchissants pour saison chaude, etc. Quant aux enfants, ils apprennent à cuisiner "comme des grands".

L'atelier d'Odile, 10, rue de Kerhue, Queniquen. Tél. 06 74 36 58 79, courriel : atelierodile@orange.fr

En 2018, les villages de Clis et de Queniquen s’étaient unis, soutenus par la Ville, pour un week-end festif en juin. L’association Vielajoie de Clis réitère le rendez-vous, plus modestement cette fois mais avec l’intention de créer des liens entre les habitants. Après une Fête 2 Villages organisée, en 2018, en collaboration avec la mairie de Guérande et quatre cafés éphémères, l’association Vielajoie lance régulièrement des événements avec toujours le même pari  du local et de l’intergénérationnel.
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Témoignage - Queniquen est un petit village traditionnel des paludiers de Guérande (Loire-Atlantique). ​Gérard Péréon, une figure emblématique des lieux raconte l’histoire du village.
Né de parents paludiers en 1946, dans une maison traditionnelle du village de Queniquen, à Guérande (Loire-Atlantique), Gérard Péréon est un véritable livre d’histoire ambulant. 
Aujourd’hui, près de 350 foyers y ont élu domicile. Mais dans le temps, ce village typique guérandais était le troisième plus dense de la presqu’île. "Il faut bien avoir en tête qu’on vivait là en totale autarcie, appuie Gérard Péréon, qui, comme ses parents avant lui, a vécu de l’or blanc ramassé sur la côte. Les gens étaient autonomes, il y avait une véritable vie de village avec beaucoup d’entraide." Jusqu’à 57 paludiers ont vécu dans ces maisons basses, construites de manière fonctionnelle, au plus près des marais salants.
Lutter pour survivre - De quoi se loger, mais aussi de quoi élever des animaux. Car jusqu’au XIXe siècle, les paludiers étaient aussi paysans. "Ils cultivaient le blé pour l’échanger contre du pain et ramassaient les oignons, pour les vendre à la foire de Saint-Nazaire, retrace Gérard Péréon. C’était un sacré évènement pour une grande partie du village qui partait là-bas, tous ensemble."
Sans oublier que les Queniquennais étaient aussi vignerons. "Il y avait du bon vin, mais parfois, il était vraiment difficile à avaler." Les cultures bretonnes de raisin ont ici bordé la mer jusqu’au XIXe siècle. Les vignes vont ensuite disparaître, décimées par le phylloxéra, une maladie transmise par un insecte parasite.
L’histoire de Queniquen est intimement liée aux marais salants. Alors, quand en 1970, l’activité est en déclin, c’est tout un village qui est entré en lutte. "Mes parents se sont battus pour la survie de leur métier, raconte fièrement Gérard Péréon. Je me souviens du jour où ils ont fait face à leur négociant, en lui disant que c’était fini. Que maintenant, ils produiraient et vendraient leur sel, seuls." Alors qu’il existait déjà un regroupement de producteurs, naît une coopérative qui permettra au village de survivre face à une baisse incessante du prix du sel chez les négociants.
Les marais de Queniquen - ML

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