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De La Bôle à La Baule

La Baule - La ville s'étend sur 22,2 km² et compte 15 455 habitants depuis le dernier recensement de la population. Avec une densité de 696,5 habitants par km², La Baule-Escoublac a subi une baisse de 1,8% de sa population par rapport à 1999.
Entourée par les communes de Pornichet, Saint-André-des-Eaux et Le Pouliguen, La Baule-Escoublac est située à 6 km au sud-est de Guérande la plus grande ville à proximité. La localité vit essentiellement du tourisme, le secteur tertiaire représente la principale de l'activité économique. Elle jouit d'une infrastructure hôtelière de renom - avec la présence économique du groupe Barrière, avec notamment l’hôtel l’Hermitage qui emploie 180 salariés.
La Baule occupe toujours la première place avec 13 002 résidences secondaires, soit le double de Pornichet (6449) ou presque le triple de Pornic 4772).

Le bourg campagnard du 12e siècle ressemble à Batz ou à Guérande, avec son abbaye, partagé entre l'océan et la Brière, avec toujours comme ennemi le sable.

Jusqu'au début du 19e siècle, époque où on eut l'idée de planter la pinède pour retenir la dune, cultures et habitations se trouvaient régulièrement ensevelies.
Escoublac était un petit bourg situé entre Guérande et Saint-Nazaire. Une violente tempête, en 1779, ensevelit le village sous le sable.  Il fut reconstruit alors mais plus loin dans les terres. Le paysage était composé de dunes instables, du nom de Bôle, terme désignant une prairie maritime  inondable.
Plusieurs sociétés se sont vues confier, depuis les années 1820, la plantation de pins sur les dunes.
Deux hommes d'affaires, Messieurs Benoît et Berthault, vont transformer  le lieu-dit en une station balnéaire naissante. Les concessions des dunes d'Escoublac achetées, ils mettent en place un programme de plantation de résineux afin de fixer le sol. Le résultat est surprenant : située au coeur d'une baie de 8 km de long, la plage de La Bôle se prolonge, derrière, sur une jeune forêt de 700 hectares de pins maritimes.
La beauté du site n'échappe pas à deux promoteurs parisiens, le comte d'Hennecart et Edouard Darlu, représentants d'une compagnie de construction du chemin de fer, lorsqu'ils découvrirent le site un jour de 1879.  Ils achètent une quarantaine d'hectares de dunes autour de La Bôle et réalisent de toutes pièces, avec le concours des entrepreneurs et des commerçants, une station balnéaire à partir de 1890.
La bourgeoisie plutôt habituée à passer ses vacances à la montagne découvre alors la joie des vacances à la mer. Parmi les plus célèbres bains baulois, on peut citer les bains Audureau
   
La Bôle devient La Baule (1896)
La Bôle est une terre alluviale recouverte à marée haute. Chez les paludiers, "bôle" ou "bolle" désigne encore les terres élevées au-dessus des marais. C'est une appellation locale que n'ont pas su correctement orthographier au cadastre les douaniers, étrangers à la région. Ils écrivent "la Baule" au lieu de "la Bôle". Quand en 1882, la Compagnie d'Orléans reprend la concession du chemin de fer de la presqu'île, elle rebaptise la gare en conformité avec le plan cadastral. 
Le quartier Pavie ajoute une dimension supplémentaire à la jeune station balnéaire marquée, dorénavant, par ses festivités et ses mondanités. Joseph André Pavie inaugure, en 1896, l'Institut Verneuil, un centre de traitement, destiné aux enfants tuberculeux des familles aisées. Verneuil était un chirurgien français, spécialiste de la tuberculose.  Joseph André Pavie espère ainsi vendre à aux familles les terrains alentours afin qu'elles y construisent des villas. L'opération ne rencontre pas le succès escompté, et les plaintes de riches voisins mécontents d'avoir dans leur environnement ce genre d'établissement se généralisent.
 
Légende - La Baule - Institut Verneuil
Etablissement d'insertion, d'éducation et de traitement spécial aux enfants délicats auxquels le traitement marin prolongé est ordonné
 
 
 
 
 
France-Album : [fascicules 40-54] / dessins originaux A. Karl. 189.?-189.? Fasc. 50. Plages de l'Océan, Saint-Nazaire, Pornichet, La Baule, Le Pouliguen, Batz, Le croisic, Guérande, etc...
Source - gallica.bnf.fr / BnF
 
L'institut est transformé en hôtel Royal en  1902,  un casino est créé en 1904, dirigé par Monsieur Vallée. Trois concerts y sont chaque jour, des bals pour enfants (le jeudi), des excursions, des expositions, des courses de haies sur la plage… toutes ces animations font le succès le succès du Royal.
Joseph André Pavie n'hésite pas à modifier les projets et réalisations. Depuis 1900, son usine électrique, la seule de la région,  alimente tous ses terrains et une bonne partie du quartier Benoît, quartier résidentiel.
 
Le petit train
Un petit train fait la navette entre Le Pouliguen et Pornichet. Mais il fonctionne mal et les déraillements sont fréquents, les habitants le surnomment d'ailleurs le "déraillard", il s'arrête en 1902. La navette, tramway à deux voitures prend le relais.
Alors que Le Croisic et Pornichet rencontrent des difficultés, La Baule s'équipe.
 
Le marquis de Montaigu anime la vie mondaine au prix de fêtes somptueuses à bord de son yacht. L'âge d'or de La Baule est marqué par la personnalité de François André. L'homme d'affaires, oncle de Lucien Barrière, transforme le casino et y adjoint des commerces de luxe. Il acquiert deux grands hôtels, le Castel Marie-Louise et l'Hermitage.
L'œuvre de Louis Lajarrige
En octobre 1919, il négocie une promesse de vente sur le Bois d'Amour et de nombreux terrains situés à La Baule à la Société des Dunes.  Son rêve : un vaste quartier résidentiel.
Il lance un concours d'architecture en 1921, les architectes Lévêque et Fabre seront retenus.
Cependant ce vaste projet a suscité des interrogations à la Baule Escoublac qui craignait la disparition de l'espace boisé "Le Bois d'Amour".
En 1922, la place en étoile et les avenues rayonnantes sont tracées et plantées de palmiers, de tilleuls… quelques mois plus tard  80 à 100 rues de la Baule-les-Pins sont baptisées.
Les villas se construisent, les commerces en dehors des hôtels, sont interdits sauf place des Palmiers, avenue des Tilleuls, place de La Gare et avenue du Bois d'Amour. L'industrie n'est autorisée que route d'Escoublac, les hôpitaux sont formellement interdits.
 
Infos brèves
1893 : Au Croisic, l'hôtel Casino Deslandes Orières est transformé en hôpital marin pour enfants
1902 (9 juin) : L'institut Verneuil à La Baule, à l'origine un hôpital marin destiné à une clientèle d'enfants riches, est transformé en Hôtel-Casino.
Le quartier Mazy se situe entre la gare et Pornichet et le Bois d'Amour, trait d'union entre Pornichet et La Baule.
Origine du terme Cote d'Amour : Un ensemble baulois s'est fait jour et il faut concrétiser les liens  qui unissent La Baule, Le Pouliguen et Pornichet : il faut lui donner un nom. L'hebdomadaire La Mouette soumet cette question à ses lecteurs et bientôt le vocable "La Côte d'Amour" est retenu.
La Baule après-guerre
Cela fait seulement quatre ans que la guerre est finie, la Poche étant libérée en mai 1945, bien après le reste de la France. Escoublac a accueilli à cette occasion le général de Gaulle qui a atterri sur le terrain d'aviation. La commune compte 15 000 habitants, deux fois plus qu'avant-guerre. L'économie et le tourisme redémarre.
Attesté dès le Moyen Âge, Beslon était au XIXe siècle un village de paludiers, douaniers et journaliers. Vers 1950, il conserve un étier et quelques vasières, les champs sont labourés à cheval, il y a cinq fermes, une épicerie, des cafés... Une usine de métallurgie de pointe, Thiriet-Catin, s'installe. Ce quartier populaire vit aujourd'hui au rythme des 71 entreprises et 500 salariés de sa zone artisanale tandis que des pavillons montent à l'assaut du coteau.
Avant la construction de la D192 et de la Route Bleue, la voie ferrée relie le littoral baulois à son arrière-pays. Cependant, la ligne de Guérande est sur le déclin dès 1940 : le trafic voyageurs, d'abord réduit aux trains ouvriers vers Saint-Nazaire, cesse définitivement en 1955. Le trafic marchandises se poursuit jusqu'en 1971. Aujourd'hui c'est une voie cyclable reliant les villas bauloises aux remparts guérandais en passant près du château de Careil (XIVe-XVIe).
Le Floride est le 1er immeuble du Remblai (1951). De taille modeste, il surélève une brasserie. Son architecte, Philippe Louis, dessine également, à l'angle de l'avenue Lajarrige, l'élégant Constellation, de style Paquebot. La Baule se rêve en Miami mais les dix étages du Panorama (1952) soulèvent les premières contestations. De la Tour Saint-Clair (1961) aux Vagues de Mazy (1976), le boom immobilier s'accélère sur le front de mer élargi à 2x2 voies.
Les salines, encore exploitées, sont situées en territoire guérandais. Après 1950 cependant, la crise salicole s'aggrave et le métier de paludier semble voué à disparaître. Comme ailleurs sur le littoral, un grand projet voit ici le jour en 1967 afin de doubler la capacité d'accueil touristique : rocade à deux voies jusqu'au Croisic et marinas en eau profonde. Une mobilisation conduit à l'abandon du projet et amorce la renaissance des marais salants.
Après guerre, la station sort de vingt années de marasme. Campings, maisons familiales et colonies de vacances accueillent l'afflux de nouveaux vacanciers. Les résidences secondaires poussent comme des champignons : on en compte 6 000 au milieu des années 60, pour 73 hôtels. La Baule, abandonnée l'hiver, vit surtout l'été. Elle développe une spécificité : l'hôtellerie de luxe (palaces, casino, tennis...) qui bénéficie, en prolongement de la plage Benoît, d'une esplanade piétonne sur la mer.

 

®MLR - La Baule

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