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La Turballe - Le Moulin de Kerbroué

À l'entrée de La Turballe, les quatre voiles et les onze mètres de hauteurs du moulin de Kerbroué ne passent pas inaperçus. Au XVIIIe siècle, six moulins sont construits à La Turballe, aujourd'hui, il n'en reste plus que deux : le moulin de Kerhuel, et le moulin à vent de Kerbroué, autrefois dit moulin de Mincrom, signifiant la "pierre courbe".
Datant de 1746, le moulin de Kerbroué est exploité depuis 1810 par cinq générations de la famille Nogues, Fernand Nogues, dernier meunier, suite à un accident, prend sa retraite en 1969. Ils y moulèrent orge et froment.
Le moulin est modernisé en 1893 : il est alors rehaussé d'un étage, pourvu d'une deuxième paire de meules, d'un moulinet  et d'ailes Berton. Depuis le mécanisme des ailes est resté le même.
 
La municipalité de La Turballe a fait acquisition du moulin en 1999 dans le cadre de la sauvegarde du patrimoine, elle en a ensuite confié la gestion à l'association Au gré des vents qui veille sur le patrimoine Turballais.
Le 4 octobre 2004, après des travaux de réfection - pose d'un toit, de vergues, d'ailes - le moulin de Kerbroué a été remis en route le moulin grâce à Guy Perraud. Ouvert ensuite à la visite, le public peut visualiser le circuit du grain de blé jusqu'à la farine.

Comme nombre de moulins à vent, celui de Kerbroué a toujours été placé sous la protection de la Vierge. Au printemps 2004, une statue de la Vierge à l'Enfant était encore placée dans une niche en façade. Elle a été détruite probablement lors de l'envol d'oiseaux ayant établi leur nid à cet endroit. L'association Au Gré des Vents a entrepris de la remplacer. Une nouvelle statue, contemporaine de la construction du moulin, a été mise en place le 22 août 2017. Voir Le petit Turballais du mois de septembre 2017

Fin avril 2020, c’est au tour de la bluterie, meuble en bois qui vient tamiser la farine à la fin du processus de fabrication qui datait de la construction du moulin en 1746, de faire peau neuve. Remplacée à l’identique, sa partie intérieure a été entièrement plaquée d’inox alimentaire afin de répondre aux normes sanitaires et permettre la vente de la farine produite sur place. Elle a été inaugurée le 2 octobre 2020 en présence du maire Didier Cadro, des élus et des membres de l’association Au Gré des Vents, à qui a été confiée la gestion du moulin. Le moulin de Kerbroué est aujourd’hui l’un des rares moulins encore en activité à posséder une bluterie à trois tamis.

Le moulin produit trois types de farine de froment issue de blé de la région : la T45, la plus fine, qui est utilisée pour la pâtisserie fine, les crêpes et les viennoiseries, la T65 utilisée pour la pâtisserie et le pain, et la T80 (semi-complète) utilisée pour le pain de campagne.

Le petit musée de Kerbroué - Autrefois lieu de stockage du grain et de la farine, le petit musée est aujourd'hui devenu la mémoire des objets du quotidien d'antan. Vous y admirerez costumes et coiffes, fers à gaufres , dentelles... Visite libre, gratuite en complément de la visite du moulin.

Informations auprès de l'Office de Tourisme de La Turballe au 02 40 23 39 87

Le Moulin de Kerbroué à laLa Turballe, plus de 270 ans d'histoire par Grégoire Judic, Les Moulins de France, 2018

Et comme ce sont les passionnés qui en parlent le mieux, lire article ci-dessous  : Il actionne le moulin de Kerbroué, Ouest-France, 7 aout 2013
 
"Guy Perraud, 64 ans, carreleur à la retraite, fait marcher le moulin de Kerbroué, route de Saint-Molf. Depuis 2004, la commune a racheté cet édifice et en a confié la gestion à l'association "Au gré des vents" qui veille sur le patrimoine Turballais.

Dans quelles circonstances avez-vous été amené à faire tourner ce vieux moulin ?

Rien ne le laissait pressentir, sauf que je suis né rue du moulin, à Trévéré. Tout petit, de 5 à 12 ans, je croisais le meunier titulaire, Fernand Nogues, qui a pris sa retraite en 1969. Mon père était pêcheur, ma mère appartenait au milieu de la ferme et des marais salants. Aucun de mes frères, nous sommes 6 garçons, n'a voulu prendre la relève paternelle et celui-ci nous en a dissuadés. J'ai choisi le bâtiment, à 14 ans. J'ai travaillé comme maçon jusqu'à 20 ans. Au retour de l'armée, j'ai été ouvrier chez Desbrosse, un carreleur puis je suis mis à mon compte avec mon frère Dominique. Le 4 mars 2003, lorsque le moulin a été restauré (pose d'un toit, de vergues, d'ailes), le maire de la commune, René Leroux, a lancé un avis de recherche de meunier pour l'activer. J'ai relevé le défi. Je n'y connaissais rien. J'ai été formé par l'entreprise Croix qui a réparé la structure du toit. J'ai enregistré leurs explications rapides, je me suis débrouillé. Je me suis formé sur le tas. Le 4 octobre 2004, j'ai remis en route le moulin et depuis, je suis le seul à l'actionner.
Quelles sont les diverses étapes que suit la transformation du blé ?
Le blé est d'abord transporté jusqu'au moulin, à l'aide d'une charrette jusqu'en 1969. Maintenant, c'est moi qui vais le chercher chez les fermiers locaux : Michel Goduchon de La Turballe, Erwan Citeau de Mesquer. Depuis janvier, 2 391 kg, soit 69 sacs de 35 à 40 kg, ont été écrasés. Le blé est d'abord monté par un treuil jusqu'au 3e étage. Pour que le blé soit transformé, il faut que la vitesse minimale du vent entraînant les ailes soit de 50 à 55 km/h. Arrivé au 3e étage, le blé passe dans un trieur qui enlève les impuretés, Le blé trié est récupéré au 2e étage dans la trémie d'alimentation, il tombe successivement dans l'anche, dans l'augette, dans l'oeillard. Une meule tournante d'une tonne écrase le blé, en éjecte la peau. Le blé chute alors au premier étage dans l'anche.
Le blé arrive, enfin, au rez-de-chaussée. Il est trié par un tamis en pente. Si la farine est fine de (type 45, utilisée en pâtisserie) elle est acheminée vers un sac (manche en toile) ; si elle est un peu plus grossière (de type 55, utilisée pour le pain), elle va dans un second manche à toile ; si elle est encore plus grossière (de type 80, utilisée pour les pizzas), elle va dans un 3e manche à toile
Combien de temps demande la transformation du blé en farine ?
L'opération (236 kg) demande en moyenne 4 h. Le meunier, autrefois, enchaînait les sacs et les quantités. De ce fait, il s'endormait de fatigue sur plate-forme, devant la trémie d'alimentation (l'archure) d'où la chanson célèbre Meunier, tu dors. La cloche proche servait à le réveiller : il fallait immédiatement remplir la trémie d'alimentation.
Grâce à vous, le moulin a repris du service. La relève est-elle assurée ?
Le moulin, autrefois, fournissait une farine de froment réputée. Les boulangers guérandais s'y approvisionnaient. Aujourd'hui, il fabrique de la farine pour animaux. Pour l'instant, je suis le seul habilité à le faire fonctionner."

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