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Finistère - Sanatorium de Guervénan en Plougonven – 1919 - 1980

Le sanatorium de Guervénan en Plougonven - Hôpital spécialisé dans le traitement de la tuberculose, le sanatorium a disparu avec le recul de la maladie. Mais la mémoire collective se rappelle l'époque où le sana rythmait la vie d'une commune.

 
Le sanatorium de Guervénan, établissement départemental implanté sur un site de trente hectares, est aussi l'un des premiers employeurs de la région. C’est un ensemble de 12 pavillons en maçonnerie et bois élevés sur rez-de-chaussée surélevé et couvert d'un toit à deux pans. Les bâtiments administratifs sont reliés entre eux par une galerie fermée rythmée d'arcades qui donne accès à un pavillon couvert d'un toit à croupe.
Pendant 60 ans, le centre de Guervénan est uniquement spécialisé dans le traitement de la tuberculose, il accueille jusqu'à 384 patients. Chez les plus anciens, il conserve une image de rejet... Quelques vestiges laissent imaginer l'aspect du site à l'époque du sanatorium.
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1916. La guerre fait rage. Alerté par le développement de la tuberculose au sein des troupes, le parlement vote une loi destinée à créer des dispensaires : loi Léon Bourgeois du 15 avril 1916 qui institue des dispensaires d'hygiène sociale. 

Dans le Finistère, le conseil général, dont le président est Albert Louppe, décide la construction d'un sanatorium en plus de la station sanitaire d'Huelgoat qui existe déjà. Il choisit le site de Guervénan, en Plougonven, un domaine rural en vente depuis 1896, pour "accueillir" cet établissement.
Cette acquisition fait suite au rapport établi par le docteur Lucas présenté devant l'assemblée départementale en faveur de la création de "dispensaires d'hygiène sociale et de préservation antituberculeuse".  Cette décision anticipe la loi Honnorat du 7 septembre 1919 prescrivant la création d'établissement de ce type dans chaque département.

Le projet ne concerne pas les populations civiles, et prévoie une modification des bâtiments existants : six pavillons pouvant recevoir chacun 32 soldats malades, soit 192 patients, en plus de ceux hébergeant le réfectoire, les cuisines, le bâtiment pour le bain, la buanderie, le séchoir. Les travaux doivent être terminés pour le 31 décembre 1917. Mais la crise des transports, ajoutée à des retards de subventions, n'ont pas permis d'achever le chantier à la date prévue. En effet, ce n’est qu’en mai 1919 que le sanatorium ouvre ses portes. Les bâtiments de l'administration, l'ancien logement de direction et les pavillons ont été construits entre 1916 et 1928.

Et c'est finalement le 5 mai 1920 que le sanatorium de Guervénan est inauguré. Son aménagement ne lui autorise à recevoir que des hommes. Dans la foulée, le président Louppe décide de bâtir six autres pavillons, permettant ainsi de porter le nombre des hospitalisés à 384. Les nouveaux locaux sont réservés aux femmes et aux fillettes. Ils sont inaugurés en 1926.

L'établissement comporte alors plusieurs pavillons, ceux des malades étant distincts de ceux des services généraux ; Ils regroupent 200 lits puis 400 lits dès la fin des années 1920, constamment occupés. Ces pavillons sont disséminés dans un parc de plus de trente hectares, quatre pour les hommes, trois pour les enfants des deux sexes, cinq pour les femmes. Les dortoirs sont occupés par une seule rangée de lits et sont séparés de la galerie de cure par des châssis-vitres pouvant s'ouvrir complètement depuis le sol jusqu'au plafond. C'était là, pour l'époque, une forme totalement nouvelle d'hospitalisation des malades tuberculeux, particulièrement propice à des cures d'air intensives. Trente-six chambres séparées existent en plus des dortoirs.

L'établissement reçoit alors des malades tuberculeux pulmonaires, envoyés par les dispensaires, originaires presque exclusivement du département du Finistère. Quelques malades extérieurs au Finistère sont toutefois acceptés : un rapport du préfet des Côtes-du-Nord mentionne toutefois onze tuberculeux de ce département en traitement à Guervénan en 1935. Les malades admis doivent être valides, non constamment alités, même si la plupart sont toujours porteurs du bacille lors de leur entrée dans l'établissement. Guervénan disposait du matériel médical moderne de l'époque : radiologie, laboratoire de bactériologie, service de désinfection, buanderie électrique.

La chapelle date des années 1930. Le sanatorium est alors une vraie petite ville avec une école, une salle de cinéma et une chapelle qui existe toujours. Le personnel vit également sur place.

Depuis les années 50, la tuberculose a considérablement reculé.

Mais jusqu'à la fin des années 60, le "sana" va continuer à soigner uniquement cette maladie, avant de s'orienter vers la convalescence et le moyen séjour, toujours sous la coupe du conseil général. Dans les années 80, le dernier pavillon pour tuberculeux a fermé ses portes.

©MLR - Collection particulière - Sanatorium de Guervénan en Plougouven - Le Parc - Quelques pavillons
©MLR - Collection particulière - Sanatorium de Guervénan en Plougouven - Le Parc - Quelques pavillons
© MLR - Collection particulière - Sanatorium de Guervénan en Plougouven - 3. Maison du Directeur
© MLR - Collection particulière - Sanatorium de Guervénan en Plougouven - 3. Maison du Directeur
Sources
- Quand le "sana" de Guervénan rythmait la vie de la commune, publié le 16 juin 2014, Ouest France
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La renaissance en marche de Guervénanpublié le 28 juin 2000,   Le Télégramme

"Vingt mois après le début des travaux, l'ancien "sana" de Plougonven a officiellement fêté, hier, sa renaissance. Débutés en 1998, les travaux de réhabilitation du site de Guervénan se sont achevés en août dernier, pour voir l'ouverture d'un centre de long séjour complètement repensé. Hier après-midi, à l'occasion de l'inauguration officielle du bâtiment, les responsables du Centre médicalisé de Plougonven et de l'hôpital de Morlaix ont pu guider le maire de la commune, Robert Moreau, et le président du Conseil Général, Pierre Maille, le long des immenses couloirs qui constituent le corps du nouveau bâtiment. Sur 4.000 mètres carrés, le centre de long séjour a réussi le pari qu'on lui avait imposé : redéfinir de A à Z la politique d'accueil et de soins offerte à la population âgée.

D'inspiration contemporaine, le bâtiment s'étale largement au pied du complexe de Plougonven, selon de grandes lignes où la lumière et l'espace se disputent le beau rôle. Un espace d'autant plus appréciable que le nombre de résidants est passé de 120 par le passé, à 80 aujourd'hui, qui se partagent, sur deux ailes, 56 chambres simples, équipées de douches, et 12 chambres doubles. Côté collectif, les réfectoires et autres salles de réunion ne sont plus qu'un mauvais souvenir. Les pensionnaires de l'Argoat bénéficient désormais de deux cantou, sorte de cuisines collectives à vocation thérapeutique, mais aussi d'un salon de coiffure, d'une salle de kinésithérapie, de deux salons d'accueil pour les familles ainsi que d'un jardin terrasse privatif. Saluée par les élus, la réussite de ce complexe n'aura pas été sans difficultés. Lancé pour la première fois en 92, le projet de restructuration du site de Plougonven s'est plusieurs fois vu botté en touche.

Mais, avec l'achèvement de cette seconde tranche de travaux, et le démarrage récent des études visant à reconstruire un bâtiment pour les longs séjours et la réhabilitation respiratoire, sonne la fin de la période maigre. Subventionné par le département, à hauteur de 25 % environ, ce chantier de la "deuxième tranche" aura coûté 29.201.000 F, dont 2 MF supportés par le seul établissement hospitalier. Un investissement sur le long terme, qui devrait permettre à Plougonven de s'inscrire dans une logique de complémentarité avec l'hôpital de Morlaix. D'ailleurs, l'Argoat vient de se voir attribuer un prix de la fondation des Hôpitaux de Paris pour son projet de création d'un "espace-tendresse", consistant en l'aménagement d'espaces extérieurs conviviaux, qui seront très bientôt aménagés."

La Chapelle de Guervénan (1930)

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