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Guérande : son enceinte, ses portes, ses tours

L’idée s’est esquissée au fur et à mesure du XIIIe siècle, "une époque prospère du Moyen-Age où les villes s’affirment", explique Laurent Blanchard, directeur du service patrimoine de la ville de Guérande. Mais les remparts que l’on voit aujourd’hui datent du XVe siècle. "C’est comme une cathédrale : un long chantier permanent !" Le Duc de Bretagne a donc levé pour construire ces remparts le billot, un impôt sur les débits de boisson.

Avec ses remparts, ses quatre portes et ses six tours, l'enceinte urbaine de Guérande est l'une des mieux conservées de France et la plus complète de Bretagne. Les remparts sont classés au titre des monuments historiques depuis 1877.

On entre dans la ville par 4 portes : la porte Vannetaise au nord, la porte Saint-Michel à l'est (élevée par François II ; elle servait de logis au gouverneur de la ville), les portes Bizienne et de Saillé (qui commandait l'accès aux marais salants).

La porte Saint-Michel est l’entrée principale de la cité. Cette porte emblématique témoigne de la puissance de la ville au Moyen Age. Au cours de l’histoire, elle a eu plusieurs usages.  Elle est devenue un symbole de Guérande avec ses deux tours imposantes. La porte Saint-Michel a rempli divers rôles à travers l’histoire. Datée du milieu du XVe siècle, elle fut d’abord la résidence du capitaine de ville, en d’autres termes le représentant du duc de Bretagne dans la cité. Ce sont ensuite les gouverneurs qui l’occupent puisqu’en 1532, le duché et la couronne de France redeviennent amis et que le capitaine devient alors gouverneur. De 1790 à 1815, la prison se situa dans la porte Saint-Michel qui devint, de 1928 à 1954, le siège de la municipalité et accueillit un musée d'arts et de traditions populaires.

La porte Bizienne s'ouvre à l'ouest de l'enceinte urbaine, et met en communication directe la rue Bizienne et le faubourg du même nom. En 1542, Mathurin Petiteau, receveur ordinaire du roi à Guérande, est sommé de faire faire "portes et pont-leveix" à la porte de "Bizienne tirant vers Jacobins". Cette construction de plan quadrangulaire résulte sans doute de deux phases architecturales. La porte primitive conserve encore les deux trous de loge de la barre qui permettait de bloquer les vantaux. Les ponts-levis mentionnés dans les archives ont disparu. Un arrêté municipal signale le 15 novembre 1819 qu'à la Porte Bizienne, la "voûte, principalement est crevée" et qu'il "s'en détache de temps à autre des pierres et qu'une, de ces jours derniers, a failli écraser une femme ". Le maire de Guérande ordonne donc que la voûte en pierre et "ses massifs supérieurs " soient démolis, que "les déchirures survenues par suite de la démolition" soient "proprement reprises" et que la façade extérieure soit conservée. En 1853, le conseil municipal, afin de faciliter la circulation, fait élargir le passage de la porte Bizienne et hausser la hauteur sous voûte, l'ouvrage devant être dans le style des vieilles murailles.

La porte Vannetaise est généralement considérée comme le plus ancien vestige de l'enceinte urbaine bâtie en 1343 par Jean de Montfort.
Elle est liée à la rue du même nom et fut murée pendant plusieurs siècles, puis rouverte en 1778, à la demande et aux frais du chevalier de Sécillon qui possédait un jardin attenant à la porte.
Le Faubourg Saint-Anne fait face à la porte et naît avec la création de la gare construite avec l'arrivée du chemin de fer, en 1879.

La porte de Saillé, située au sud des remparts de Guérande, n’aurait eu aucun rôle militaire. Elle apparaît dans les textes en 1500-1506, citée avec le "boulovart" qui l'accompagne. La porte était dotée d'un pont-levis enjambant un fossé désormais comblé. Le tablier venait fermer l'entrée en s'encastrant dans les feuillures rectangulaires ménagées autour de la porte et était relevé par un système de flèches formant contrepoids. On peut remarquer l'existence en partie haute de la façade d'une petite niche qui abrite aujourd'hui une statuette de la Vierge. La porte de Saillé est toutefois un peu différente des autres. Constituée d’une simple ouverture, elle n’aurait été, en réalité, qu’une "porte d’apparat". C’est ce que nous apprend Ludovic Billon, dans son ouvrage Guérande, 1850-1950 . D’après l’écrivain, l’architecture de la porte, avec ses formes angulaires et rectilignes, prouve qu’elle n’était pas "adaptée aux progrès de l’artillerie". L’explication est simple : quand elle est construite, la cité médiévale n’a plus grand-chose à craindre. Les chances qu’elle soit assiégée sont peu élevées.

Il existe un autre lieu qui permet d’entrer dans l’intra-muros, qui est encore plus méconnu des visiteurs. Dénommée la poterne du Tricot, cette ouverture a été construite en 1854. Elle mesurait alors quatre mètres de largeur. Toutefois, en 1858, le conseil municipal informa la population qu’elle dérangeait "désagréablement" l’ensemble des murailles, que les étrangers étaient "frappés" et ne tarissaient pas en "observations peu flatteuses". Il est alors décidé de fermer cette brèche, pour ne laisser qu’une poterne d’un mètre de largeur sur deux mètres trente de hauteur, "pour satisfaire les habitudes prises".

Les tours de l'enceinte : l'enceinte fortifiée possède 6 tours: la tour Saint-Jean (début XVe), la tour de l'Abreuvoir (1460-1470), la tour de la Gaudinais (milieu XVe), la tour de Kerbernet (milieu XVe), la tour Sainte-Anne (milieu XVe) et la tour théologale.

Guérande - La tour de Kerbenet

La tour de Kerbenet fut construite au milieu du XVe siècle. Elle est située au nord-ouest de l’enceinte, à côté de la porte Vannetaise. Elle s’élève au-dessus de l’eau. Pour la petite histoire, elle s’appelle Kerbenet, d’après le nom d’un ancien fief, situé en dehors de l’enceinte médiévale. 

Porte Saint-Michel

Porte Saint-Michel

Porte de Saillé

Porte de Saillé

Porte Vannetaise

Porte Vannetaise

Porte de Bizenne

Porte de Bizenne

Poterne du Tricot

Poterne du Tricot

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